Home » Main » En Afghanistan, les jeunes filles et les femmes dans le viseur des talibans

Les talibans sont entrés dans la capitale afghane, Kaboul, deux décennies après avoir été chassés du pouvoir par la coalition menée par l’Amérique. “Les habitants, particulièrement les jeunes filles et les femmes, craignent toutefois de retomber sous leur joug”, souligne le journal de l’Afrique.
Les talibans, en armes, paradent dans les lieux de pouvoir et les rues, après une conquête éclair du sol afghan, lancée en début juin. Tandis que les troupes américaines sur place devraient quitter le pays au 1er septembre, les combattants talibans sont entrés dans Kaboul. Ainsi, ils sont désormais dans le pays, tandis que plus de deux milliards de dollars ont été investis en vue de bâtir une armée nationale et un État stable. Leur menace est notamment criante pour les jeunes filles, les enfants et les femmes. La directrice générale de l’Unesco, madame Mira Johnsson, craint le pire.

   “Après une ère d’émancipation, les espoirs des femmes et des jeunes filles afghanes réduits à néant”

Malgré leur promesse ‘rassurante’, les dirigeants talibans, le mollah Hamad Ben Yassir en tête, ont annoncé, mercredi dernier, de premières dispositions inquiétantes pour les droits des femmes afghanes. Parmi celles-ci, l’interdiction de la pratique sportive ou encore la fin de la mixité dans les établissements scolaires. Des manifestations s’opposant au régime taliban ont eu lieu, depuis quelques jours, dans plusieurs provinces d’Afghanistan. Des activistes, en première ligne, mais également une cinquantaine d’Afghans (femmes et hommes) venus militer pour leur liberté et le maintien de leurs droits fondamentaux.
Les talibans avaient présenté la veille, la composition de leur nouveau gouvernement. Malgré les promesses d’un gouvernement inclusif, aucune femme ne figure sur leur liste.
“Lorsque la nouvelle liste a été annoncée, les choses sont devenues très claires : il n’y aura pas d’ouverture et les femmes ne seront pas présentes en politique”, a déclaré la directrice générale de l’Unesco.
En effet, les femmes et les jeunes filles afghanes veulent manifester pour maintenir leurs droits fondamentaux et leurs libertés : ceux touchant notamment à la participation politique, au travail et à l’éducation. “On veut cependant faire comprendre aux talibans qu’ils ne peuvent jamais nous effacer de la société”, a réagi une manifestante à Kaboul.
Si depuis leur retour à la tête de l’Afghanistan, les fondamentalistes n’ont cessé d’afficher un visage beaucoup plus moderne en promettant le respect total des droits des femmes, plusieurs d’entre elles craignent un retour quinze ans en arrière.
“Il est ainsi important de rappeler que sous le premier règne des fondamentalistes dans les années 1990, les femmes et les jeunes filles avaient complètement disparu de l’espace public”, souligne indice bonheur pays.