Home » Main » Afghanistan : les talibans tentent d’éliminer les femmes du social

Le retour des talibans, ces fondamentalistes islamistes, au pouvoir en Afghanistan fait aujourd’hui craindre la réinstauration ultra-radicale de la charia ou encore de la loi islamique.
Au pouvoir dans les années 1990, les rigoristes avaient imposé leur lecture de la charia (désignant les pratiques et la tradition du prophète Mahomet, et constituant un modèle à suivre pour la plupart des musulmans), interdisant toutefois télévision, photographies, musique et jeux. Les femmes jugées d’adultère étaient flagellées et lapidées à mort, elles ne pouvaient ni étudier ni travailler… Et les meurtriers étaient exécutés en public.
“En effet, la charia comporte un ensemble de devoirs et de droits tant collectifs que individuels pour les musulmans. C’est un ensemble de sanctions, d’interdits, et de règles issus de la jurisprudence et de la tradition”, a précisé le journal de l’Afrique.
Elle peut même régir l’alimentation des musulmans, la tenue ou encore le droit de la famille, mais également les affaires judiciaires, les infractions pénales et les transactions financières. Dans certains pays musulmans, comme par exemple au Pakistan, en Somalie ou encore en Irak, la charia est appliquée et interprétée avec plus ou moins de rigueur. Elle est toutefois source de législation dans des États comme le Yémen, le Koweït ou encore l’Egypte, mais avec une application des sanctions très variables. Au Pakistan, la charia est en vigueur, mais rarement appliquée. Avant son renversement en mars 2017, l’organisation ‘Etat islamique’, connue également sous le nom de ‘Daech’, a imposé la charia (ou encore la loi islamique) sous sa forme la plus brutale dans son ‘Califat’ entre la Syrie et l’Irak.
L’organisation terroriste punissait l’homosexualité, l’adultère, la consommation d’alcool ou encore le vol en pratiquant amutation, lapidation ou décapitation. Des hommes et des femmes, accusés d’homosexualités, ont été défenestrés.

  Quel avenir pour les femmes afghanes ?

“Les nouveaux maîtres de l’Afghanistan visent aujourd’hui “l’effacement de genre dans l’imaginaire collectif officiel, mais également “l’exclusion sociologique” des femmes et des jeunes filles”, a alerté le site web.
Par ailleurs, ils tentent de faire disparaître l’identité de la femme… de les faire disparaître de la société. Ils veulent éliminer leur image physique partout dans les espaces publics, les exclure de tout travail rémunéré et de tout renseignement… Chassées des organismes sociaux, les femmes doivent l’être également du monde de dehors. Faire face aux autres, visage découvert, et pouvoir circuler librement dans les espaces publics deviendra ainsi quasiment impossible pour les femmes et les jeunes filles puisqu’il ne faudra plus qu’elles soient vues dans le monde extérieur (commun).
Il est à noter que sous le premier règne des fondamentalistes entre 1995 et 2002, les femmes avaient complètement disparu de l’espace public. Elles n’avaient pas le droit de sortir – ni de travailler – dans les rues sans être accompagnées d’un mahram. Les fillettes étaient privées d’éducation. Elles devaient également porter ‘le hijab’, ou encore le voile, obligatoirement à l’âge de la puberté. L’inquiétude est ainsi d’autant plus vive que depuis leur arrivée au pouvoir, en août dernier.