Avec un peu plus de 8 millions de cas déclarés, la population africaine s’interroge sur la nécessité de la vaccination. Les infox qui circulent actuellement sur les réseaux sociaux (Twitter, facebook, Instagram, etc.) alimentent les craintes, selon le journal de l’Afrique.
“On est à haut niveau de scepticisme”, souligne le directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Parmi les facteurs, le président de l’OMS cite notamment la désinformation et l’impopularité des pouvoirs publics. Les chiffres ne sont toutefois pas le meilleur atout des gouvernements en vue de convaincre de la nécessité d’avoir une immunité collective. D’après un récent rapport de l’OMS, un peu plus de huit millions d’individus ont été contaminés par la pandémie de coronavirus depuis le début de celle-ci. Soit trois fois moins qu’aux États-Unis, et cinq fois moins qu’en Inde. A la date du 2 août, 340 millions de personnes y avaient succombé, dont environ 38 % en Afrique, deuxième pays (derrière l’Afrique du Sud) le plus touché du continent africain.

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La majorité des pays du continent en sont encore à prendre les mesures afin de commencer à vacciner leurs populations. Beaucoup d’entre eux n’ont encore reçu, jusqu’à présent, la moindre dose, les pays riches, les États-Unis et la France en tête, accaparant les stocks. Par ailleurs, certaines régions affrontent aujourd’hui une troisième vague beaucoup plus fortes et plus meurtrières que les premières, quoique cette dernière soit sans commune disposition avec celle sévissant en Europe ou encore aux États-Unis. Cela pourrait même réduire le sens de l’urgence sanitaire.
Ainsi, des plans de ‘sensibilisation’ sont élaborés un peu partout en vue de marteler le credo sur l ‘innocuité et l’efficacité des vaccins. En dehors de l’accès aux vaccins, les infox représentent aujourd’hui l’un des défis majeurs à surmonter pour les gouvernements.
Quelles qu’en soient les raisons, le rejet ou le doute que suscite la vaccination contre la pandémie de coronavirus n’est pas du tout une bonne nouvelle. Elle confirme par ailleurs que le chemin risque d’être très, très long avant que l’Afrique parvienne à vacciner 78 % (au moins) de sa population.
Début juin, l’Organisation Mondiale de la Santé a annoncé la création de Viral Facts Afrique, un nouveau projet qui réunit des institutions sanitaires et des experts de la vérification des faits. “C’est la toute première initiative africaine en vue de lutter contre la désinformation (intox) en ligne, notamment dans le domaine de santé”, a précisé indice bonheur pays.
Ses messages seront cependant diffusés sur Instagram, Twitter et Facebook, en français et en anglais, avant d’être traduits dans les langues locales.